Mansour Abbas

Mansour Abbas

Dentiste et imam devenu chef de file politique, Mansour Abbas dirige Ra'am, premier parti arabe à avoir intégré une coalition gouvernementale israélienne (2021), et mise sur la participation politique plutôt que l'opposition pour améliorer les conditions de vie de la société arabe israélienne. La Cour suprême a annulé à l'unanimité la disqualification du parti le 2 octobre 2026, et Ra'am est confirmé pour se présenter à l'élection du 27 octobre 2026.

Idéologie
Islamisme conservateur arabe israélien, participationniste
Fonction actuelle
Président du parti Ra'am (Liste arabe unie), député
Né le
22 avril 1974Maghar

Ce qu'il faut retenir

  1. 01

    Président du parti Ra'am (Liste arabe unie) depuis 2018, premier parti arabe à avoir intégré une coalition gouvernementale israélienne (2021).

  2. 02

    A obtenu un plan de développement de 9,4 milliards de shekels pour les localités arabes en octobre 2021.

  3. 03

    A intégré l'ex-commissaire de police Yoav Segalovitz (juif) en 2e position sur sa liste pour 2026.

  4. 04

    Affirme publiquement l'existence de l'État de Palestine tout en disant reconnaître le caractère juif de l'État d'Israël.

  5. 05

    Considère l'indépendance du système judiciaire comme la « protection principale » de la minorité arabe israélienne.

  6. 06

    Se présente seul aux élections du 27 octobre 2026, après avoir décliné de rejoindre la Liste unifiée reformée (Hadash-Ta'al-Balad), avec laquelle Ra'am a signé un accord de partage des voix excédentaires.

Sujets de controverse

  • Le 23 septembre 2026, la Commission électorale centrale vote la disqualification de Ra'am sur la base d'accusations de soutien à la lutte armée, jugées « très minces » par le procureur général israélien. La Cour suprême annule cette décision à l'unanimité le 2 octobre 2026, confirmant la participation du parti à l'élection.

  • Sa position sur les droits LGBT reste celle exprimée en décembre 2020, où il invoque la loi islamique pour s'y opposer. Elle n'a pas été réaffirmée publiquement depuis.

  • Sa proposition de service civique volontaire pour la jeunesse arabe israélienne, entièrement dissocié du service militaire, suscite des réactions contrastées.

Né le 22 avril 1974 à Maghar (Galilée), Mansour Abbas est chirurgien-dentiste de formation (Université hébraïque de Jérusalem) et exerce aussi comme imam près de Tibériade.

Il devient président de Ra'am en 2018, branche politique du mouvement islamique (branche sud). Le Conseil de la Choura du mouvement conserve une influence importante sur les grandes orientations politiques du parti, qui s'appuie en particulier sur l'électorat bédouin du Néguev, tout en bénéficiant d'un soutien dans des localités traditionnelles et religieuses du nord du pays et du Triangle.

En janvier 2021, il fait sortir Ra'am de la Joint List pour se présenter seul. Le parti obtient 4 sièges en mars 2021. Le 2 juin 2021, Ra'am signe l'accord de coalition Bennett-Lapid, première entrée historique d'un parti arabe indépendant dans un gouvernement israélien, qui débouche notamment sur un plan de développement de 9,4 milliards de shekels pour les localités arabes (octobre 2021).

Après les attaques du 7 octobre 2023, qu'il qualifie d'« inhumaines », Abbas appelle, lors d'une interview à CNN le 30 novembre 2023, les groupes armés palestiniens à « déposer les armes » et à travailler avec l'Autorité palestinienne, en vue d'un « mouvement national aspirant à un État de Palestine par une solution pacifique ». Face aux critiques de responsables israéliens de droite, Ra'am publie le 2 décembre 2023 une clarification précisant que c'est le futur État palestinien, une fois établi, qui dissoudrait l'armement des factions, et non un désarmement immédiat et unilatéral.

Sur le conflit israélo-palestinien, Abbas déclare en août 2026 qu'un État palestinien « existe déjà et que la plupart des pays du monde le reconnaissent, à l'exception des États-Unis et d'Israël », tout en disant reconnaître le caractère juif de l'État d'Israël. Il refuse de s'arrimer exclusivement à un bloc gauche ou droite et a intégré l'ex-commissaire de police Yoav Segalovitz (juif) en 2e position sur sa liste pour 2026, dans une logique d'élargissement de l'acceptabilité du parti en vue d'une coalition.

Sur le système judiciaire, il déclare le 16 mars 2023 que l'indépendance de la justice a été la « protection principale » de la société arabe. Sur la conscription, il soutient un modèle de service civique volontaire entièrement dissocié de tout appareil militaire ou sécuritaire, géré en interne par la communauté arabe.

Le 23 septembre 2026, la Commission électorale centrale vote, par 18 voix contre 5, la disqualification de Ra'am pour l'élection du 27 octobre 2026, sur la base d'accusations de soutien à la lutte armée. Le procureur général israélien s'y oppose, jugeant la pétition « très mince ».

Le 2 octobre 2026, la Cour suprême annule cette décision à l'unanimité (9 voix contre 0), confirmant que Ra'am et la Liste unifiée peuvent se présenter à l'élection.

LA NEWSLETTER

Chaque semaine

Chaque semaine, nous vous aidons à y voir plus clair grâce à un décryptage accessible et rigoureux de l’actualité politique, diplomatique et sociale, des enjeux de sécurité et des grands débats qui façonnent le pays.

Confidentialité